
Le Niger franchit une nouvelle étape dans la digitalisation des soins de santé communautaire. La plateforme mHealth est désormais déployée dans 4 régions sur 8, à savoir Maradi, Dosso, Tahoua et Zinder. Cette progression marque un tournant concret : elle rapproche davantage les services essentiels des communautés, améliore la qualité du suivi, et renforce la continuité des soins, particulièrement pour les enfants de moins de 5 ans, les nouveau-nés, les femmes enceintes et les mères.

En atteignant la moitié des régions du pays, mHealth devient un levier opérationnel majeur pour soutenir les efforts nationaux en santé communautaire. Le déploiement dans Maradi, Dosso, Tahoua et Zinder permet une meilleure harmonisation des pratiques de terrain et une disponibilité accrue de l’information sanitaire là où elle est la plus critique : au niveau communautaire, au plus proche des ménages.
Cette dynamique de couverture n’est pas seulement géographique. Elle traduit aussi une montée en capacité progressive des acteurs, l’amélioration des mécanismes de supervision, et une structuration plus robuste de la remontée d’informations pour guider les décisions.
Dans de nombreuses localités, l’accès aux structures de santé reste un défi : distances, coûts de transport, contraintes saisonnières, disponibilité des services. Dans ce contexte, mHealth joue un rôle essentiel en renforçant la capacité d’action des Agents de santé communautaire, grâce à des outils simples, structurés et adaptés au terrain.
Les bénéfices sont visibles à plusieurs niveaux :
- Repérage plus précoce des situations à risque, notamment chez les femmes enceintes et les nouveau-nés.
- Orientation plus rapide vers la formation sanitaire lorsque des signes de danger sont identifiés.
- Meilleure continuité des visites à domicile, avec une logique de suivi planifié et documenté.
- Réduction des pertes d’information, car les données essentielles sont saisies et consultables au moment opportun.
L’enjeu de la santé communautaire ne se limite pas à “atteindre” les populations. Il s’agit aussi de garantir une qualité de service homogène, même dans les zones éloignées. Dans les régions couvertes, mHealth contribue à :
- Standardiser les protocoles de suivi (mères, nouveau-nés, enfants) à travers des formulaires guidés et des parcours structurés.
- Améliorer la qualité de la donnée, avec une saisie plus complète, mieux contrôlée et exploitable.
- Renforcer la supervision, en donnant aux équipes de coordination une visibilité sur l’activité réelle, les volumes de visites, les thématiques traitées et les alertes.
- Faciliter l’analyse et la planification, en rendant l’information plus disponible pour ajuster les stratégies locales.
Les gains les plus importants se concentrent souvent sur les priorités vitales :
Pour les nouveau-nés : un suivi plus réactif des premiers jours de vie, période où les risques sont élevés.
Pour les enfants : une meilleure détection des signes de danger, une continuité plus fiable des visites, et une amélioration du référencement quand nécessaire.
Pour les femmes enceintes et les mères : un renforcement du suivi prénatal et postnatal, une meilleure identification des signaux d’alerte, et une documentation claire des visites et conseils délivrés.
Au-delà du suivi maternel et néonatal, mHealth soutient également la PCIME communautaire (Prise en charge intégrée des maladies de l’enfant au niveau communautaire), en renforçant la capacité des Agents de santé communautaire à assurer la prise en charge des enfants de moins de 5 ans.

Dans ce cadre, la plateforme contribue à améliorer la détection, la décision et la traçabilité des actions face aux trois grands risques évitables :
- Paludisme : meilleure identification des cas suspects, prise en charge communautaire selon les protocoles en vigueur et orientation rapide des cas compliqués.
- Diarrhée : promotion et suivi de la prise en charge, accompagnement des conseils clés aux familles, et détection des signes de déshydratation nécessitant un référencement.
- Pneumonie : repérage plus systématique des signes respiratoires, orientation adéquate et suivi documenté.
En rendant les parcours plus structurés et la remontée d’information plus fiable, mHealth aide à renforcer la qualité de la PCIME communautaire, à limiter les retards de prise en charge, et à améliorer la continuité du suivi des enfants dans les ménages.
Le déploiement dans 4 régions sur 8 constitue une base solide pour aller plus loin. L’ambition est claire : étendre progressivement la couverture à l’ensemble du territoire, tout en consolidant la qualité, la supervision, et l’utilisation effective des données pour la décision.
Au-delà d’un outil numérique, mHealth représente une approche : rendre la santé communautaire plus forte, plus coordonnée et plus équitable, au service des communautés nigériennes.







